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CE N'EST QU'AUJOURD'HUI
que je réalise que j'aime écrire depuis longtemps. Avec
quelques copains, en 5ème, je créais "Suik en Dhilon", petit journal que je tirais en quelques exemplaires, déjà attiré par l'écriture, mais aussi vers le dessin, la mise en page et l'imprimerie. J'écrivais aussi des nouvelles dans le journal
de la troupe d'Éclaireurs dont je faisais partie. Peu de temps après, j'écrivais mes premières chansons.

On ne pourra pas dire que c'est l'école qui m'aura donné
le goût de la littérature… A de très rares exceptions près. C'est avec Alcofibras Nasier, plus connu sous le nom et anagramme
de François Rabelais que mon amour des mots a commencé.
J'ai fait sa connaissance dans le Lagarde et Michard.
J'avais alors treize ou quatorze ans peut-être.

«Lors nous jeta sur le tillac pleines mains de paroles gelées, et semblaient dragées, perlées de diverses couleurs »
Rabelais, Quart Livre LVI.

Avec Rabelais, vinrent les auteurs du Moyen-Âge, souvent anonymes, qui me régalèrent de leurs fabliaux et Roman de Renart *, tant par leur humour que par les mots anciens.

* Bien sûr, vous n'avez pas oublié que Renart était le prénom d'un facétieux goupil !

LES MILLE PARLERS FRANÇAIS
"mé le langag sms c + rapid à èkrir è sa ce li fasilman
c mieu ke ecrir vit !!!!"
Voici une phrase bien difficile à déchiffrer pour moi, malgré ce qu'en pense son auteur ! Mais ça ne me dérange pas, personne ne m'envoie de message, manuscrit ou électronique ainsi tourné…
Ce qui me gêne davantage, c'est l'attitude de ceux qui refusent ce langage sous prétexte que notre orthographe se perd. Eh bien ! oui, elle se perd et c'est tant mieux si cela va vers une simplification !
Avez-vous remarqué que, bizarrement, nous ne parlons plus vieux françois ? Est-ce grave ? Je vous mets au défi de lire Rabelais "dans le texte". Est-il impossible de voir disparaître des mots et d'en voir naître de nouveau ? Le plus important est de savoir quel langage utiliser en quelle occasion, c'est tout !

DES DICTIONNAIRES À LA PELLE
Lorsque j'étais enfant il n'existait qu'un dictionnaire à la maison. Unique mais énorme et lourd.
Un gros Larousse en six volumes daté de 1932. Il nous fallait demander l'autorisation à nos parents pour le consulter et j'en suis aujourd'hui bien heureux car je le possède toujours et il est resté en excellent état !
Puis je reçus un minuscule dictionnaire, noir celui-ci, avec un cartouche jaune comportant le nom de Larousse. Je l'affectionnais particulièrement. Un jour mon frère en colère me l'envoya à la tête avec violence. J'esquivai le coup. Le dictionnaire s'écrasa sur le mur et retomba en morceaux… Ce fut un drame !
A coup sûr cet incident me prouva que déjà j'aimais les livres, les mots et les dictionnaires… surtout quand ils sont ornés de belles illustrations !

GRAND'MÈRE GRAMMAIRE
ET SA COUSINE ORTHOGRAPHE
1967, cours de mathématiques, théorie des ensembles. Toute nouvelle méthode d'enseignement des mathématiques. Monsieur Dumont, tente de nous faire comprendre qu'un ensemble n'agit pas toujours comme les éléments qui le compose (enfin, là, c'est moi qui présente ça ainsi, avec le recul du temps).
"On peut dire que les vaches broutent dans le pré, explique-t-il. Mais on ne peut pas dire le troupeau broute dans le pré !" J'avoue que sur le moment je n'avais pas dû trop comprendre la nuance. Et pourtant elle est énorme !

Voici quelques jolis exemples d'ambiguités grammaticales*.
• La joie, l'allégresse s'empara de tous les spectateurs.
• Ni l'heure ni la saison ne convient pour cette excursion.
• A mon approche, une bande de moineaux s'envolèrent.
• Plus d'un de ces hommes m'était inconnu.
• La Belle au bois dormant est un des contes qui charme les enfants.

*Empruntés à René Lacagne, auteur d'un livre de grammaire paru chez Larousse en 1989.

Quant à l'orthographe, son nom lui-même est une injure lancée au désir de la connaître !
Mais j'avoue que j'ai un petit faible pour ces mots tordus au fer rouge de" l'exception qui confirme la règle", ces monstres que l'on mon(s)tre du doigt, ces erreurs de la rature.

Poux, genoux, hiboux - Cime et abîme - Foi, foie, fois et fouah ! - Char, charrette et chariot -Amours, orgues et délices - Embonpoint, bonbon et camembert, pour ne citer que ces célèbres exemples.
Vivent les petits, les faibles et les tordus !

Il y a (au moins) une faute d'orthographe dans cette page. Où est-elle ?

Voici quelques mots que je trouve rigolos,
pour le son souvent :

ABRACADABRA - AMSTRAMGRAM - BALBUZARD - BAOBAB - BIDOUILLE - BIDULE - BISBILLE - CAOUTCHOUC - CARABISTOUILLE - CHABICHOU - CHICHITEUX - CHIHUAHUA - CLIQUETIS - COCORICO - COUAC - CRIC - DODELINER - FANFRELUCHE - FLAGADA - FRIC-FRAC - FROUFROU - FURAX - GALIMATIAS - GARGOUILLIS - GODELUREAU - GORGONZOLA - GOULASH - GRIBOUILLIS - GROOM - HAMMAM - HURLUBERLU - KABIG - KAPOK - KAYAK - KIF KIF - KINKAJOU - KITCH - KRAFT - LILLIPUTIEN - LOUSTIC - MARINGOUIN - PIOUPIOU - POTLATCH - QUIPROQUO - RAPLAPLA - RATAFIA - RIFIFI - RIGOLO - RIQUIQUI - ROCOCO - ROUDOUDOU - SAPERLIPOPETTE - SCHNAPS - SCOUBIDOU - SCRIBOUILLARD - SMALA - TURLUTUTU - VOLAPUK - YATAGAN - YOUYOU - YOYO - ZAZOU - ZIGOTO - ZIGZAG - ZIZANIE - ZOZOTER…

     
  Plein les chevilles

L'auteur-petit CV

10 années de rêves

20 années de graphisme

30 années de jeux

40 années de petits miquets

50 années de musique

70 années pour l'ouvrir
       
           

UNE LANGUE QUI BOUGE !
" mé le langag sms c + rapid à èkrir è sa ce li fasilman c + bien ke ecrir vit !!!!"
Ce qui empêche le plus une langue d'évoluer, c'est l'écriture. Avec le langage SMS, ça bouge !

• Je ne vois pas ce qui empêche de féminiser tous ces mots qui peuvent l'être (voir dessin ci-dessus). Je connais une femme tapissière qui se fait appeler tapissier, et ne nommez pas "conservatrice" une femme conservateur de musée. Etrange…

• Attention, lisez lentement : quatre vingt dix huit. Bon, il y a quatre, il y a vingt, puis dix et enfin huit. C'est bien compliqué pour citer ce nombre. Nos voisins Suisses et Belges sont tout de même plus malins que nous en utilisant septante, huitante ou octante, et nonante !
C'est pourtant si simple !

• Et les anglicismes ? A mon avis il n'y a pas de règle à imposer. De toutes façons, c'est l'usage qui fera la loi ! L'exemple de "courriel" et "mail" : bizarrement j'utilise un troisième mot : "message". Pour moi c'est plus simple puisque ce mot existe. Et l'on se doute bien que personne n'envoie plus de message écrit sur un parchemin et enroulé autour d'une flèche !

• Je reconnais cependant que je suis quand même un peu bousculé et ai tendance à penser :
- Ne dites pas j'hallucine mais je suis halluciné.
- Ne dites pas la température est froide mais le temps est froid, car les températures sont hautes, moyennes ou basses…
- Ne dites pas je suis confortable dans ce fauteuil, car c'est le siège qui est confortable…
- Quant à "Est-ce que cela fait sens ?"… Voici un nouvel anglicisme récemment apparu.

LE VOCABULAIRE ET LA RHÉTORIQUE
DON RODRIGUE (amant de Chimène) :
Au nom d'un père mort, ou de notre amitié,
Punis-moi par vengeance, ou du moins par pitié.
Ton malheureux amant aura bien moins de peine
A mourir par ta main qu'à vivre avec ta haine.
CHIMÈNE (amante de Don Rodrigue) :
Va, je ne te hais point.

Oh ! la belle litote* ! litote rigolote. La rhétorique est sympatique, pleine de mots inconnus et biscornus. Bravo à vous si vous connaissez le sens de :
Adynaton-Allégorie-Ambitus-Anacéphaléose-
Anacoluthe-Battologie-Boustrophédon-Chiasme-
Chleuasme-Chrie-Chronographie-Circonlocution-
Circuitus-Clausule-Climax-Commination-Complexion- Conduplication-Conglobation-Contracrostipunctique- Déclamation-Déictique-Dépréciation-Dialectique- Dialogisme-Diaphore-Diasyrme-Diatypose- Disjonction-Dubitation-Ecphrasis-Effiction-Elision-Ellipse-Enallage-Enargéia-Enthymème-Epanadiplose-Epanalepse-Epanaphore-Epanastrophe-Epanode-Epanorthose-Epenthèse-Epichérème-Epidictique-Epiphonème-Epiphore-Epiphrase-Epistrophe-Epitrochasme-Epitrope-Epizeuxe-Epode-Exorde-Explétion-Expolition-Etc.

* Figure de rhétorique consistant à se servir d'une expression qui dit moins pour faire entendre plus. Quand Chimène dit à Rodrigue : Va, je ne te hais point, elle veut lui faire entendre qu'elle l'aime toujours, et se sert d'une litote.